Narcissus—Caravaggio

The Italian artist explains the Greek myth through his traditional play of light and shadow.

‘Narcissus’ (c.1599) by Caravaggio. Oil on canvas. 110 cm × 92 cm. Galleria Nazionale d’Arte Antica

The human being is a well-oiled machine, but it has flaws.

One of them affects that concept as ethereal and mysterious as the soul. Psychology, some call it. If we stick to the latter, the problems of the human psyche are practically endless.

Vanity, for example, would not fall within that group of problems; however, it can be a double-edged sword. Greek mythology taught us this danger through the myth of Narcissus.

The myth

In the Hellenic mythological narrative, we are presented with a very proud and insensitive young man in its cosmogony. A guy who keeps rejecting suitors so that sooner or later, the divine punishment had to come for such a braggart.

Narcissus was not going to be an exception.

Among his many suitors who took a good cut was Aminias; the poor man loved Narcissus deeply, but that did not prevent him from rejecting him in nasty manners and with malice. Among these taunts, he gives him a sword, with which the same Aminias will commit suicide in front of the house of Narcissus himself (did he think anything else was going to happen?). While the suitor was dying, he had time to beg the goddess Nemesis to give him an exemplary chastisement Narcissus, making him suffer the suffering of unrequited love in his flesh. Having launched the supplication, Aminias died.

As expected, Narcissus spent enough of that death in front of his house. The guy continued with his business until, one day, he came to a pond.

He saw his own reflection in its waters, falling in love with it. Intoxicated by this attraction, he did not realize that he saw himself. He leaned towards the water’s surface to kiss that attractive young man, recognizing the tremendous deception.

At that moment, shocked by the discovery, he fell into the water and drowned. Saddened by this pitiful spectacle, the gods decided that his body would become a flower, the daffodil we all know.

The painting

Knowing the myth, we can better understand Caravaggio’s painting, which shows us the moment in which Narcissus is engrossed contemplating his reflection in the pond water.

When contemplating the painting, we can make a mythological reading (what it tells the story of Narcissus, the specific passage of the myth that shows us and that is clear) and another more allegorical reading, the messages that the artist wanted to convey through this representation.

We see in the upper part the real character, who looks down on his aquatic antagonist. Two parts divide the work, an upper and a lower one, that is opposed both in presentation and composition.

Above (the real Narcissus), we see the well-defined light in the arms, neck, and face and some flashes here and there. On the contrary, the lower part (the reflection) is very dark, with a very attenuated image that transmits fragility, which seems to foreshadow the fatal outcome of the myth.

The figure of Narcissus, the luminous one, has his left hand coming out of the frame, and we do not see the tips of his fingers; the lower reflection as well, but also part of his back disappears from the painting beyond the margins.

This technique enlarges the figure of the protagonist and promotes the sensation of proximity. A very distant anteroom to the three dimensions, of which there are many other examples throughout the History of Art.

It is as if we could almost reach out and touch Narcissus.

This technique was prevalent in Caravaggio, who liked his paintings to create an impact. Spontaneity and closeness are two common aspects of his works. He wanted the viewer to feel that the characters were about to fall at his feet.

If we look at the painting again, and as mentioned before, we can see that the reflection of Narcissus is somewhat different. It seems older and worn out. In the shoulder canvas, we can appreciate Caravaggio’s mastery in playing with lighting in his works. The ability to put darkness into light was a revolution in his time, so much so that this technique ended up having its name: tenebrism.

Detail of ‘Narcissus’ (c.1599) by CaravaggioYear. Oil on canvas. 110 cm × 92 cm. Galleria Nazionale d’Arte Antica. Image source Wikipedia

Some interpret this luminous contra-position between the upper and lower parts as the visualization of the Ego confronting one’s self-consciousness.

Some even venture to theorize that Narcissus can be read as an explanation of Caravaggio’s psyche, a man of great vanity.

Focusing on the reflection again, we can consider it as that dark place we all have and where aspects such as excessive self-contemplation or selfishness nest.

Above is the conscious, luminous, beautiful, and evident self; below is the egocentric subconscious, which is what we want to hide and which is the shadow of any human being.

Untitled

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Promenade en Gondole

Une Breve Histoire de la Republique de Venise, ou “Les Croates de la Serenissime”

En 1571, la formidable victoire maritime de Lépante, contre les Ottomans, illustre la suprématie maritime de Venise. Le début du déclin de la Sérénissime est proche

Venise est entrée au contact de nombreux peuples au cours de son histoire. Tandis que la République sérénissime étendait sa domination et déployait ses talents militaires et marchands, elle se faisait d’abord admirer par ses nouveaux sujets, auxquels elle accordait sa protection. 
Elle était toujours prête à combattre l’injustice et l’oppression dans la mesure où n’étaient pas desservis ses intérêts hégémoniques. Mais, cela commença plutôt mal…

Au Xe siècle, pour s’assurer l’accès des bouches du Pô en même temps que le monopole du sel, le doge Pietro II fit mettre à sac Comacchio et déporter les populations vivant dans ces marécages. 
En l’an mil commencèrent les expéditions sur le littoral dalmate, afin d’obtenir le contrôle de l’Adriatique tout entière. Zara, Ossero, Vaglia et bien d’autres villes furent conquises. Les forces vénitiennes avaient à lutter à la fois contre les Croates et contre les Slaves, qui avaient envahi les Balkans. 
Au fleuve Narenta, les habitants de la ville romaine de Narona pratiquaient la piraterie et le trafic d’esclaves. Les Vénitiens étaient leurs meilleurs clients. À leur contact, les pillards découvrirent que le commerce était tout de même plus avantageux. Vers la fin du XIe siècle, après la conquête des îles de Curzola et de Lagosta, les côtes dalmates étaient entièrement sous la protection de Venise.

La percée vers l’Orient

Vers cette époque, les Vénitiens eurent à lutter contre les seigneurs normands qui s’étaient installés en Méditerranée. Ils s’allièrent donc avec les Byzantins, leurs rivaux, pour libérer l’île de Corfou et de Durazzo (Duras). Venise obtint alors de pouvoir commercer librement sur tous les territoires contrôlés par Byzance. 
En 1122–1124, les Vénitiens soumirent la ville de Tyr et les comptoirs byzantins de l’Égée et de l’Adriatique. Vers le milieu du siècle, ils renforcèrent leurs liens avec les peuples de l’Istrie. Pola, Parenzo, Rovigno furent contraintes d’accepter une protection militaire et maritime contre les débordements des Hongrois. Cette protection obligatoire se transforma rapidement en soumission des terres environnantes et, finalement, le doge fut reconnu comme le seul maître.

La colonisation de la Crète

Vis-à-vis des Grecs, Venise pratiquait un double jeu, maniant tour à tour les pressions diplomatiques et les actes de piraterie. En 1204, la ville du lion de Saint-Marc profita de la quatrième croisade pour enlever Zara aux Hongrois. Les forces chrétiennes détournées de leur but prirent Constantinople cette année-là. De ses prestations de service, la République maritime reçut pour salaire deux îles de la mer Egée, la Morée et l’Eubée puis, en 1207, l’île de Crète. Elle s’assurait ainsi les routes de l’Asie mineure.

Cependant, une chose était d’occuper Candie, et une autre de tenir la Crète tout entière. La grandeur de l’île dépassait sans doute les possibilités militaires de Venise. Durant l’occupation, soulèvements et guerillas se succédèrent. Ce fut la première fois — l’intérêt territorial prévalant sur l’aspect stratégique — que la Sérénissime entreprit une véritable « vénitisation » d’une colonie.

Le gouvernement et l’administration de la Crète étaient aux mains de grandes familles vénitiennes exclusivement. Dispersés, les colons ne parvinrent jamais à trouver un terrain d’entente avec les colonisés. Sauf peut-être contre Venise elle-même, dans la révolte de 1363, fomentée par un chef de village crétois et appuyée par les colons : les Venier, les Gradenigo, les Molin… Confiée à un Pisani (Vettero), la répression fut terrible. Les Crétois furent écrasés par Pietro Morosini.

Par les célèbres voyages de Marco Polo et de sa famille, les Vénitiens entrèrent en contact avec les nations d’Extrême-Orient. Ils développèrent des échanges diplomatiques et commerciaux avec les Persans, comme avec les Mongols et les Chinois.

Les guerres avec Gênes

À partir de 1308, et de la guerre contre Ferrare, on note un durcissement des rapports entre Venise et ses voisines : Padoue, Vérone et surtout Gênes. C’est l’époque où Trévise souhaite et obtient le protectorat de la République. La guerre contre Gênes fut sanglante et très coûteuse. Elle fut à l’origine de la peste (1347–1348) qui décima la population vénitienne. Une situation désastreuse s’instaura. Pour survivre, Venise dut s’allier avec d’autres peuples, comme les Catalans, et faire appel à ses sujets dalmates, grecs ou albanais pour renforcer ses armées.

Au cours de la troisième guerre contre les Génois, la coalition vénéto-catalane remporta une victoire navale dans les eaux d’Alghero (1353), bientôt suivie d’une cuisante défaite à Porto Longo (1354). 
La menace la plus précise survint en 1379. Les Padouans, sous les ordres de Carraresi, apportèrent leur soutien aux Génois et attaquèrent Chioggia, à proximité de Venise. Jamais la Sérénissime n’avait été aussi menacée. 
L’offensive fut cependant stoppée, grâce à la cohésion des habitants de la cité, groupés autour du doge Andrea Contarini. Les Vénitiens parvinrent à séparer les armées de Gênes et de Padoue et, par mer, portèrent la dévastation dans les comptoirs génois de la mer Égée. Ils allèrent jusqu’à Beyrouth. En 1381, Gênes signa la paix grâce aux bons offices du comte de Savoie.

La dernière décennie du XIVe siècle et les deux premières du XVe furent marquées par une expansion de Venise en direction de la terre ferme. Corfou fut acquise des Angevins de Naples en 1386. Venise fut en relation marchande avec la plupart des peuples du nord de l’Europe : Flamands, Français, Allemands… Cependant, l’expansion territoriale du début du XVe siècle finit par inquiéter les principales puissances : France, Espagne, Empire germanique, Papauté… Contre Venise se noua la ligue de Cambrai, dont Venise vint à bout par son habileté diplomatique (1508).

La menace turque et la victoire de Lépante

En 1571, la formidable victoire maritime de Lépante, contre les Ottomans, illustre la suprématie maritime de Venise. Cependant, le début du déclin de la Sérénissime est proche

Aux XVe et XVIe siècles, les Turcs ne cessèrent d’être une terrible menace. Pour les arrêter, Venise n’eut pas d’autre recours que de s’allier avec les Hongrois — ses ennemis “héréditaires”, pourtant. Une campagne commune en Dalmatie donna le Frioul aux Vénitiens. La Sérénissime favorisait la constitution d’un État vénitien de la terre ferme. Un peu partout, dans son empire, Venise était au contact des Ottomans. De 1424 (prise de Salonique) à 1571 (bataille de Lépante), les deux mondes semblèrent s’équilibrer.

Bien qu’elle fut, au premier chef, victorieuse de la grande bataille navale de Lépante, Venise commença dès lors à décliner. C’est que le pouvoir ottoman, pour faire rentrer ses lourds impôts, favorisait les initiatives commerciales de ses “sujets”. 
La concurrence des marchands grecs, turcs, renégats chrétiens, arméniens, arabes, barbaresques, ragusiens ou juifs était extrêmemet dure et les Vénitiens en pâtirent très vite. Pour les peuples levantins, l’arrivée de la protection ottomane était une sorte de revanche. Le sultan les vengeait de l’arrogance proverbiale des marchands de Venise.

De la mer à la terre : une ville et ses communautés

La puissance maritime perdue, Venise devint une nation terrienne. L’arrogance se tourna désormais contre les paysans de la terre ferme. Dans la cité, depuis des siècles, un modus vivendiavait fixé les rapports entre les diverses communautés. La plus nombreuse était celle des Grecs, composée de marins et de savants exilés. Ceux-ci avaient apporté à Venise leurs connaissances et leur culture. Les “intellectuels” du patriciat vénitien (ou du clergé) n’ignoraient rien de la langue d’Homère ou de la philosophie de Platon. De nombreux ouvrages étaient ainsi conservés dans les plus fameuses bibliothèques — c’est ainsi qu’ils furent sauvés.

Les Turcs eurent leur quartier — le “Fondaco dei Turchi” –, ainsi que les Allemands, les “Tedeschi”. C’est par ces derniers, émigrés de Mayence après la dispersion des ateliers, que Venise découvrit l’imprimerie.

Les Esclavons, orignaires de Slavonie, donnèrent leur nom au quai devant la place Saint-Marc. Ils vivaient de trafics divers et du métier de soldat.

On trouvait aussi à Venise des Arméniens et des Juifs du Levant, qui donnèrent son nom à l’île de la Judecca. Les Juifs eurent un grand rôle dans les domaines de la philosophie, de la théologie et de la médecine, toutes sciences enseignées à l’université. Le premier livre en hébreu fut imprimé non loin du cœur de Venise…

De la création du ghetto au bannissement des Juifs

Au XVIe siècle, Venise eut une attitude des plus ambiguës envers les communautés qui vivaient dans la cité. Il s’agissait pour elle de contrôler tout en protégeant… Un bon exemple de l’expression de cette double volonté est la conduite adoptée vis-à-vis des Juifs. Les autorités de Venise distinguaient trois sortes de Juifs : les “Allemands”, les Levantins et les Ponantins. Les Levantins, originaires de Constantinople, de “Romanie” ou de Crète, bénéficiaient des droits réservés aux étrangers — en particulier le droit de pratiquer le commerce international.

Pour les “Allemands” et les “Italiens” — réfugiés originaires d’autres régions de la péninsule –, le traitement était très dur. C’est à leur intention que fut créé le “ghetto”. Il leur était interdit de prendre part au commerce international. Les seules activités tolérées étaient l’usure… et le métier de chiffonnier.

La nuit et à l’occasion des fêtes, les portes du ghetto étaient fermées. Rares, cependant, furent les violences physiques. Les réactions antisémites survinrent avec l’arrivée des marranes d’Espagne et du Portugal. 
Leur rôle dans les villes d’Alexandrie, de Raguse, d’Ancône ou à Ferrare, quand ils disputèrent, grâce aux Turcs, la suprématie commerciale aux marchands de Venise, fut à l’origine de leur bannissement vers la fin du XVIe siècle. L’un d’entre ces marranes, Joseph Nassi, était même devenu le grand argentier du sultan. On l’accusa d’être l’instigateur de l’occupation de Chypre par les Ottomans.

Le XVIIIe, siècle du crépuscule

Une nouvelle menace se faisait jour par le nord-est : l’Autriche. Venise devait la combattre en 1617, durant la guerre de Gradisca, quand les Habsbourg armèrent les Uscocchi (les peuples de Bosnie et de Dalmatie) qui, après la signature de la paix, préférèrent la protection de Vienne à celle de Venise.

Au tout début du XVIIIe siècle, Venise fut définitivement chassée de la mer Égée : la Crète fut perdue en 1669 et le Péloponèse (la Morée) en 1718.

En 1797, Bonaparte met un point final aux mille ans d’indépendance de Venise et, en 1866, la cité rejoint le tout nouveau royaume d’Italie.

The Allure of Evil in Art

The victim, the witness and the perpetrator

Evil and art have a long history. For almost as long as we have existed, we have externalised the things we fear most. The Ancient Egyptians made reliefs of Apophis, the snake god of chaos and darkness continually trying to consume Ra, the Sun god. The Aztecs evoked the feared Tezcatlipoca, the ‘smoking mirror’ in their art. Christians for millennia have depicted the devil haunting the margins of numerous books and manuscripts.

Over the centuries though, the relationship between art and evil has remained in constant flux. Far from being a simple visceral reminder of our greatest fears, evil in art is often used to say more about the observer than the art itself, as I shall go on to demonstrate. I’ve broken evil down into three categories, which I believe broadly cover evil in art, the role it plays and its relation to the viewer.

We, as observers and consumers of art, are either its victims, witnesses, or perpetrators.

Victim

I’ll start with what I think is the rarest form of evil in art — that which makes the viewer the victim of evil. It takes a special confronting kind of art to achieve this effect. We must not only be addressed by the piece but overcome by it. For me, there is no greater example of this than Peter Paul Rubens ‘Two Satyrs’, 1619.

Peter Paul Rubens ‘Two Satyrs’, 1619

The first thing we are drawn to in the painting is the eyes. The satyr is staring directly at us, cheeks flushed, with a wicked grin. Presumably, he has been drinking like his fellow satyr in the background. Satyrs are half-men, half-beast in Greek and Roman mythology and are the attendants of Bacchus (Dionysus). They are distinct from similar creatures like fauns and centaurs and their primary focus is to entertain Bacchus and drink with their wild, indulgent god. They also have a reputation for debauchery, particularly sexual depravity, and are sometimes represented as being permanently erect. Combined with their wild lust, they make for an uncomfortable figure in mythology.

Rubens achieves something disturbing in this painting. Then as now, the context behind the art is important. Understanding this painting means understanding the nature of satyrs. To have one staring at you, grinning, with lust in his eyes is chilling to the core. We are victimised by the evil at play here, our own vulnerability seemingly reflected at us in the satyr’s ever-widening grin.

Witness

To be a witness to evil is to be a part of it. We are affected by the things we see and moved to action. Artists for millennia have played on our need to act and encouraged us to judge the subjects of their work. It’s no wonder then that being a witness to evil in art is the most common expression of the relationship between evil and art.

A great deal of religious art revolves around this premise. We are encouraged to judge the crucifiers and sympathise with Christ. It is a simple and sometimes passive relationship, meant to inspire contemplation of the suffering. But a huge amount of art play with us as witnesses on a different level.

A masterful example of this is William Bouguereau’s, ‘Dante and Virgil’, 1850. Deep in the bowels of Inferno, in a region known as the Malebolge (Rottenpockets), Dante, Virgil and a demon witness two men fighting with one another. Capocchio, a heretic, is bitten by the fraudster Gianni Schicchi. The violence here is visceral and shocking. To the bottom right a man lays crippled in pain and emerging from a glowing pit behind him are several other groups battling one another. Dante and Virgil are clearly sickened by what they see, but the demon revels in it. He is a creature of evil that delights in evil.

William-Adolphe Bouguereau, Dante and Virgil, 1850

Bouguereau has given us an interesting dynamic here, offering us two different choices. We know that these two men have been condemned to Hell for their crimes. We are not asked to judge whether they are guilty because we already know they are. What Bouguereau is subtly implying here has more to do with us as viewers of the art than the figures in it.

Put simply, he asks whether you are horrified by the animal barbarity of the men’s fate, or revel in it as the demon does. Bouguereau seems to suggest that you’re doing the latter. Of all the characters in the painting, the demon is the only one really looking out at you. His smile is almost conspiratorial, and his horrific features invite us to contemplate our own inner thoughts on how punishment and retribution must be exacted.

Caravaggio, Judith Beheading Holofernes, circa 1599

This kind of intimate relationship between subject and witness is different from what we find in many other paintings where we witness evil acts. For example, Caravaggio’s, ‘Judith Beheading Holofernes’, 1558–1602, is powerful and shocking, but the focus is mostly on Judith. The brilliant light, her determined face and firm grip of the blade all seem to me to suggest a commitment and reassure the viewer that although this is a horrific, ‘evil’ act, it is right.

Picasso’s, ‘Guernica’, 1937, offers a different relationship too. We see the trauma of Nazi and Fascist Italy’s bombing campaign on the town of Guernica at the request of the Spanish nationalists. Surrealism here offers us nothing less than a world falling apart. Buildings burn, swords are broken, and men and animals lie in pieces. This is a painting of war on an industrial scale and Picasso overwhelms us with it. We are still witnesses here, but Picasso suggests that our judgement is meaningless. Our voices are drowned out by the falling of Fascist bombs, the lick of flames and the screams of the dying.

Perpetrator

Finally, and perhaps most uniquely, we can be perpetrators of evil in art. This is where the true ‘allure of evil’ comes in. While Bouguereau’s demon asks us to think about ourselves, art where we take part in the evil, however subtly, asks no such thing of us.

In Europe, this type of art most commonly depicts Satan. The change from monstrous abomination to the complicated anti-hero Satan has become today is mostly the result of John Milton’s Paradise Lost. Milton depicts a rebellious bad boy fighting against the establishment. His Satan is a far cry from the epitome of evil in we find in Christianity. Artists are quickly drawn to the idea. In fact, I would go so far as to say that our understanding of the devil/Satan/Lucifer should be considered in pre and post-Milton terms, especially where art is concerned.

William Blake, Satan Arousing the Rebel Angels, 1808

William Blake’s, ‘Satan Arousing the Rebel Angels’, 1808 is a testament to this. Here Satan is powerful and beautiful, a moving figure giving a rousing speech. We are encouraged to sympathise with him. Likewise, Thomas Stothard’s, ‘Satan Summoning His Legions,’ (c. 1790), presents us with a gilled figure, summoning an army. He appears almost imperial, a worthy challenger to the Almighty. We know that the figure in these paintings is meant to be emblematic of evil, and yet he is seductive and alluring. He seems passionate, a revolutionary and rebel, someone we could follow. The artists’ triumph here is to make us forget that evil is evil and draw us closer to darkness than we would ever have dared go ourselves.

These are the first steps toward where we are today with TV shows like Lucifer and Supernatural, where the devil is charming, and his diabolical nature extends no further than his wicked grinEvil is no longer evil. It is sexy, passionate and inviting. Our crime is being tempted by it. We are co-conspirators and would-be rebels. Our inner minds betray us as we feel the pull to figures like Satan.

Conclusion

As art continues to evolve so will our relationship with evil. New mediums, materials and artists will revolutionise the field, but their goals will remain the same. To bring forth the things that torment our nightmares and to reflect back at us those parts of ourselves we would rather remain hidden.